Notre société est plus belle quand elle célèbre sa diversité
8 avril 2026Réduire l’impact écologique du secteur de la santé, tout en continuant à fournir des soins de qualité : c’est l’objectif de l’Alliance Santé en Transition. Un démarche impulsée par les pouvoirs publics wallons qui vise à associer un maximum d’acteurs.
Le 12 février à Louvain-la-Neuve, plus de 150 acteurs wallons du secteur de la santé – hôpitaux, établissements pour aînés, fédérations, institutions publiques, monde académique et associatif, syndicats, et bien d’autres – ont assisté au lancement de l’Alliance Santé en Transition en Wallonie (ASeT-W).
Quel est le constat à la base de cette initiative? A travers leur consommation d’énergie et d’eau, l’utilisation du matériel médical, les achats et les médicaments, la politique des déchets, la mobilité du personnel et des patients, le nettoyage des lieux, etc, les établissements de santé ont une empreinte considérable sur le climat et sur l’environnement en général.
Le secteur de la santé est donc à la fois l’un des plus exposés aux conséquences du dérèglement climatique — effets sur la santé des vagues de chaleur, multiplication de certaines maladies, tensions sur les chaînes d’approvisionnement, … — et l’un de ses contributeurs importants. Il concentre en effet près de 9.900 kilotonnes de CO₂ équivalent par an, soit environ 5 % des émissions nationales.
Passer à l’action
Lancée sous la houlette du ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, cette Alliance Santé en Transition est donc un appel général à l’action, à travers la création d’un réseau d’échange d’informations et de bonnes pratiques.
« La démarche repose sur une adhésion volontaire, mais on constate que le monde de la santé a réagi avec enthousiasme à notre invitation. Une quarantaine d’institutions hospitalières et quelques maisons de repos ont répondu à notre manifestation d’intérêt » explique Natacha Zuinen, coordinatrice de la Direction du Développement durable, Service public de Wallonie.
Concrètement, les institutions intéressées par la démarche sont invitées (pour la mi-avril) à s’engager à participer sur une durée de 3 ans à un groupe de travail.
Cinq thèmes principaux ont été listés : décarbonation, résilience face aux effets du dérèglement climatique, achats durables, infrastructures durables et un thème spécifique pour les établissements pour aînés. Des événements ponctuels d’information et de formation, des webinaires et ainsi que des actions de communication seront organisés régulièrement pour un public plus large.
Impliquer le personnel
Sur le terrain, on ne part pas de zéro : il existe en effet déjà une diversité d’initiatives menées par des professionnels convaincus qui vont dans le bon sens – des initiatives parfois menées dans l’ombre, parfois soutenues activement par les directions.
Il y a deux ans, la cellule RISE/FEC (Réseau intersyndical de sensibilisation à l’environnement) avait rencontré des responsables du développement durable et des délégués syndicaux de plusieurs hôpitaux wallons, qui avaient mené une série d’actions positives.
Ces interviews avaient débouché sur l’édition d’une brochure (1) qui propose un relevé des bonnes pratiques pour un hôpital durable, ainsi que des pistes pour mieux impliquer les travailleur.euse.s et leurs représentant.e.s. dans la réflexion.
Car il est évident que les travailleurs et travailleuses du secteur des soins de santé doivent être associés, consultés, entendus dans tout ce processus.
Les solutions les plus efficaces viennent en effet souvent de celles et ceux qui sont sur le terrain quotidiennement et qui connaissent le mieux les contraintes propres à leur travail.
Lorsqu’il est question de modifier les procédures de gestion des déchets, de faire le choix d’utiliser des instruments réutilisables plutôt que jetables, de lutter contre le gaspillage des fournitures et des médicaments, de repenser l’alimentation des patients, de modifier les méthodes de nettoyage ou encore, de faire évoluer la mobilité du personnel …, il faut en effet penser à l’impact sur les conditions de travail et la santé du personnel du secteur.
C’est d’ailleurs le rôle des représentants syndicaux au CPPT (Comité pour la Prévention et la Protection au Travail) et au CE (Conseil d’Entreprise), qui doivent d’ailleurs s’assurer que les préoccupations environnementales sont prises en compte dans les décisions, tout en gardant à l’esprit l’impact potentiel sur l’emploi, le bien-être du personnel et l’organisation du travail.
Vous travaillez dans le secteur de la santé ou des maisons de repos ? Vous souhaitez en savoir plus sur cette Alliance Santé en Transition en Wallonie (ASeT-W) ? Vous êtes intéressé.e par suivre une formation sur ce thème ou par mener des actions pour sensibiliser le personnel de votre institution aux questions de durabilité ? Contactez la cellule RISE : fec@rise.be
(1)Vers des hôpitaux durables ou comment aligner les pratiques hospitalières sur les objectifs de développement durable (ODD) – Guide de bonnes pratiques à l’intention des représentants syndicaux – www.rise.be
Des actions concrètes sur le terrain
Lors de la journée de lancement de l’Alliance Santé en Transition en Wallonie, divers initiatives de terrain ont été relatées. Une intervenante de l’UZ Gent a décrit les solutions textiles réutilisables qui ont été mises en place dans les blocs opératoires et qui se sont révélées bénéfiques sur le plan environnemental, économique et organisationnel.
Autre exemple : des chariots de soins repensés, avec un système de tri amélioré qui permet d’éviter que des produits ne finissent périmés au fond du chariot.
Une représentante française du Comité pour le développement durable en santé (C2DS) a présenté plusieurs outils développés par cette association, dont un Index des Dispositifs Médicaux Durables, qui aide les acheteurs hospitaliers à orienter leurs choix vers des produits plus vertueux.
De son côté, la cellule RISE avait également pointé dans sa brochure (1) des initiatives de divers hôpitaux wallons : par exemple, le recours à des robots de nettoyage pour optimiser les opérations de nettoyage avec une moindre consommation d’eau, ce qui réduit la pénibilité du travail et permet au personnel de dégager du temps pour d’autres tâches au service des patients.
A noter aussi l’obtention du label « cantine durable » pour certaines institutions de santé qui ont recours à de la vaisselle et des ustensiles réutilisables (pour éviter au maximum le plastique jetable), qui utilisent pour leurs menus un maximum de produits locaux, des alternatives végétariennes et une lutte constante contre le gaspillage alimentaire…
Autant d’exemples qui montrent que la durabilité n’est pas synonyme de régression, mais génère du sens et de la valeur pour les patients, pour les soignants et pour les finances des établissements.
Repères : le secteur de la santé, c’est :
-
13% de l’emploi wallon
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145.000 postes de travail en Wallonie (dans les hôpitaux, maisons médicales, laboratoires médicaux et maisons de repos).
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5 % des émissions totales de gaz à effet de serre de la Belgique.





